Le voyage de Monique, d’Avignon à Toulouse

Le voyage commence lundi matin à 8h! (sauf déconvenue de dernière minutes, restons prudent…)

Les péripéties ont déjà commencé: un bateau de passagers a fait mine de couler à Sète et a failli compromettre le début du voyage, en tout cas le différer pour un bon moment, ça semble résolu…

lundi 15 avril 2019: Départ d’Avignon

Nous partons, Jonas, Olivier Lucas ,Florence et moi pour Sète. La météo semble bonne et la place en cale sèche libre pour quelques jours.

un petit souvenir fait par Olivier Lucas de la première partie du voyage, d’Avignon à Sète.

mercredi 17 avril: arrivée à Sète en cale sèche

Monique est arrivée en pleine forme à Sète, elle est sur des tréteaux et va être découpée en deux par M. Lasala

jeudi 25 avril:

Monique est en cale sèche à Sète depuis une semaine, Elle est recoupée et les plaques bientôt ressoudées de chaque côté de la séparation, les ouvriers travaillent comme des chefs!

Mercredi 1er mai

Après quelques nouvelles péripéties, nous voilà repartis, Maurice, Michel, Jonas, Florence et moi en direction de Toulouse. Cette fois les deux morceaux de Monique sont attachés ensemble à l’aide de sangles et d’amarres.

Nous avons traversé l’étang de Thau sans problème jusqu’au premier pont que la VNF nous avait annoncé comme faisant 8m de haut, ne faisait finalement que 4m… Nous avons donc démonté la marquise avec entrain, on s’y est mis à 5, les panneaux solaires, etc… Nous sommes à présent devant la première écluse du canal du Midi, comme c’est le premier mai, nous attendons demain matin pour continuer notre aventure.

dimanche 5 mai

Michel, Jonas, Florence et moi poursuivons le voyage, la péniche à moitié sous le pont de Villeneuve les Béziers nous réalisons qu’elle ne passera pas, marche arrière et démontage de la grue et de tout ce qui dépasse! On remplit également tous les compartiments possibles et le lendemain on passe sous le pont…

le nez dans l’écluse de Bagnas, 1ere écluse du canal du midi

mardi 13 mai

ce matin nous passons l’échelle d’écluses de Fonseranes: 7 écluses successives. La partie avant a été tirée à bras (et avec peine) d’écluse en écluse, et la partie arrière a suivi juste après.

Sortie du tunnel de Malpas

Le passage du tunnel de Malpas est aussi très impressionnant, plus d’info ici

une vidéo de Monique:

https://www.facebook.com/karen.whitehouse.399/videos/10220196047271774/

mercredi 14 mai

Aujourd’hui c’est le pont de Capestang, le plus redouté du canal!

Je commence la journée par couper la barrière de la passerelle, histoire de gagner quelques centimètres, bien m’en prend! on passera le pont par les poils

Monique sous le pont de Capestang

mardi 28 mai

Aujourd’hui repos forcé, par manque de matelots, si vous êtes candidats n’hésitez surtout pas à me le dire. Voici quelques images du passage de l’écluse de Homps, photos prises par un marinier de passage: Ian Williams et postées sur facebook.

La navigation et les séparations et raccrochages des deux parties se déroulent comme prévu mais n’étant plus que 3 sur le bateau et le vent étant coriace, on a préféré rester à quai aujourd’hui devant l’écluse de Jouarres…

mardi 4 juin

Arrivés émerveillés dans le bassin de Castelnaudary, le moteur au ralenti pour mieux savourer et là… panne sèche! Le lendemain doit avoir lieu une compétition internationale de triathlon dans ce même bassin où nous sommes échoués! Branle bas de combat, l’équipe d’organisation essaye en vain de nous sortir du bassin avec des amarres et beaucoup de bonne volonté mais rien n’y fait, nous restons là pour la nuit.

Le lendemain matin une péniche le Mojito, nous sortira du bassin et l’après-midi Serge Ribes viendra de Toulouse pour réparer le moteur.

Castelnaudary
Monique dans le port de Castelnaudary

Dimanche 9 juin arrivée à Castanet

Loupiotte est enfin tranquille, sans bruit de moteur! elle a passé le voyage sous le lit!

Nous voilà arrivés tout près de Toulouse, on rentre en cale sèche mercredi pour ressouder la péniche. Nous avons passé 61 écluses dont 50 en décrochant les deux parties de la péniche! et environ 380km à une vitesse d’environ 3 à 4 km/h (sans compter les arrêts aux écluses). Un voyage de 24 jours…

Mercredi 12 juin

Monique est en cale sèche à Ramonville ! Elle sera de nouveau soudée en un morceau d’ici quelques jours.

mardi 25 juin:

Monique au sortir de la cale

Monique était toute repeinte, toute belle, de nouveau en un seul morceau de 38,5m, on est sortis de la cale pour naviguer, nous étions une dizaine sur le bateau. Nous sommes arrivés à l’écluse de Bayard, devant la gare Matabiau, j’ai amarré l’arrière du bateau et l’éclusier (dans son poste distant muni de caméras) sans me demander mon avis et sans que l’avant ne soit amarré a commencé l’éclusage en ouvrant les vantelles à fond, voyant ça j’ai hurlé, gesticulé, certains se sont précipités sur le quai afin d’appuyer sur le bouton d’arrêt d’urgence (ce qui n’a pas eu d’effet) et ont appelé l’éclusier par interphone (qui ne fonctionnait pas). Rien n’y a fait, l’éclusage s’est poursuivi jusqu’à son terme, le gouvernail s’est retrouvé posé sur le mur de chute, la péniche était en porte à faux, elle a ensuite glissé avec fracas vers les portes avant de l’écluse en tombant de plusieurs mètres, a rebondi contre le mur de chute (bloc de béton qui soutient les portes amonts): bilan, on a évité les blessés et les morts de justesse! la péniche est très endommagée (plus de 60000€ de dégâts) et les portes avant de l’écluse ont une trace de choc. Le personnel de la VNF a estimé que j’étais responsable et que c’était normal que l’arrêt d’urgence… n’arrête rien. L’assurance me lâche pour défaut de papier. J’ai donc demandé à un avocat spécialisé dans le domaine fluvial de m’aider. J’ai porté plainte pour mise en danger de la vie d’autrui et j’espère bien avoir gain de cause.

Mais ce n’est que partie remise, Monique sera réparée en mars prochain et se rendra à sa destination à ce moment là!

la fin très bientôt…


L’histoire de Monique:

Monique à Compiègne

J’ai acheté cette péniche en 2012 et l’ai convoyée de Compiègne à Avignon. J’ai aménagé la péniche en deux ans de travaux, elle est munie d’un pont (terrasse) d’un escalier qui mène à la partie habitation et à l’atelier. Il s’agit maintenant de la convoyer jusqu’à Toulouse pour retrouver mon atelier de lutherie et mon habitation.

traversée sur le pont canal du Nivernais

Monique sera ancrée sur le canal de Brienne entre la place St. Pierre et les ponts jumeaux.

le canal de Brienne
mise en place de l’escalier
après les travaux

Pour arriver là il faudra l’amener à Sète où M. Lassala la coupera en deux morceaux égaux fermés à chaque extrémité par des tôles soudées. Cette opération permettra de passer les écluses du canal du midi qui sont longues de 30m alors que Monique fait, elle, 40m…

Tous ceux qui désirent s’inscrire pour les étapes suivantes sont les bienvenus: yves@descloux.net

Share Button

7 réflexions au sujet de « Le voyage de Monique, d’Avignon à Toulouse »

  1. Mais ne pourrait on pas laisser Monique un peu tranquille…
    elle se remet juste d’une »….tomie » terrible et la voila soumise à une agression inqualifiable par un marin d’eau douce (au sens propre). Justice sera faite…
    une p’tite psychothérapie serait peut-être nécessaire !!
    Bravo pour tout cela, belle aventure

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *